Pourquoi ?

Roberto Zucco martèle les « pourquoi ? ». C’est cette impossibilité à fixer une ou des réponse(s) qui m’a séduit. Il y a eu l’envie de monter cette pièce comme un problème, pour qu’elle ressemble à cette machine décrite par Kafka - manifestement parfaite mais à la fonction incompréhensible.

Dans Zucco, nul n’est simple. Aucun geste ne va de soi. Sentiments et motivations, actes et paroles semblent suivre leur voie propre. Leur vie autonome échappe au jugement, peut-être même à la raison. Dans ces énigmes gronde une indicible vérité.

Les personnages ne se laissent pas saisir. Dès qu’on pense toucher du doigt leur essence, soudain, un brusque changement les donne à voir sous un jour totalement différent. Leurs blessures et leurs crimes mêmes en gagnent en beauté et en deviennent plus dérangeants.

La référence au film noir joue aussi à travers les décors et lumières. Ils contribuent à créer un monde expressionniste abstrait, reposant sur des contrastes saisissants et des objets symboliques. Là, des corps se meuvent, se heurtent, se rencontrent, s’aiment, se déchirent et meurent.



« Je suis solitaire et fort, je suis un rhinocéros. »
« … des rhinocéros qui traversent le lac, sous la neige. »




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